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T'as dit "terrible 2" ?

Dernière mise à jour : il y a 4 jours





Gabrielle Asselin Jobin, M.Sc., orthophoniste

3 mars 2022

Les premiers pleurs de ma fille, naissante, me renversaient l’ensemble des viscères dans le ventre. En quelques secondes, jour comme nuit, elle était dans mes bras et je la couvrais de “chhhhut mon bébé”, de bisous sur le creux de son nez, de petites tapoches affectueuses sur la couche, de rodéos nocturnes sur la chaise berçante bleue, de grandes marches en porte-bébé, de peau à peau sans fin. Quand rien n’y faisait, je continuais. Avec toutes les ressources de bienveillance, d’amour et d’empathie de mon être. La suce? Ah non, elle doit avoir soif. Ah… elle ne prend pas mon sein. Chéri peux-tu préparer un biberon? Ah, ça doit être un trop plein à cause d’une poussée de croissance, go dans le bain! Sa couche, on change sa couche! Elle a chaud c’est sûr!

Vous comprenez l’image.

Tout ça pour dépeindre que les pleurs de notre bébé, c’est viscéral, on veut les apaiser. On veut savoir “pourquoi” ces cris, ces larmes.

Retrouve ton sourire mon bébé. Je vais t’aider.

On a eu droit aux coliques, aux “witching hour” pendant des semaines. Notre apéro (not) était une danse parentale scientifique pour calmer le bébé.

Puis, c’est passé. La phase du “mon dieu c’est quasiment facile” qui te fait caresser l’idée d’en faire un 2e, on l’a connu. Quand mon bébé avait 18 mois, on me disait “Profites-en, c’est le plus mignon 1 an et demi! Attention à vous, le 2 ans approche!”. J’ai entendu des gens dire l’expression le “terrible 2”.

On peut arrêter de dire ça svp ?

Adèle a 2 ans demain. Elle chante, est extra coquine et drôle, me raconte ses petites histoires de bébé, nous crée de merveilleux univers de jeux, s’émerveille devant chacune de ses découvertes qu’elle s’empresse de me partager, apprend à une vitesse qui me renverse… Quelle merveilleuse période de vie! Appelons dont le terrible 2, le wonderful 2 à la place ! Cette phase développementale est tellement extraordinaire et intense.

Mes viscères ne se renversent plus dans mon ventre quand elle pleure. Mais oui, elle pleure. Mais ce n’est pas pareil. Nos stratégies de suce et de se bercer, ça ne fonctionne plus.

Dernièrement, suite à une routine du coucher bien endiablée, j’ai dû respirer un bon moment.

C’est dur.

J’ai dû faire l’exercice de me rappeler que même si ma fille parle maintenant, ses pleurs me communiquent tout autant de messages que lorsqu’elle était mini. Bien que plus complexes, merci à son petit cerveau en formation !

Ses cris sont valides. Et même si ce n’est pas toujours évident, je dois me rappeler qu’elle a besoin de moi. Qu’elle a besoin de mes stratégies pour s’apaiser, pour comprendre. Qu’elle a besoin que je lui explique ce qui se passe, ce qui est une nouveauté déstabilisante, ce qui l’attend, le pourquoi des choses. Elle a besoin de moi pour lui donner les mots qu’elle n’a pas.

Je dois me rappeler qu’elle a besoin que je prenne le temps pour elle, que je me montre disponible à ce qu’elle tente de me communiquer, à ce qu’elle ressent. Elle a besoin de se sentir en sécurité avec moi qui tente de l’apaiser tant bien que mal, en lui disant que c’est correct d’être en colère. Avec toutes les ressources de bienveillance, d’amour et d’empathie de mon être.

Comme quand elle était ma mini Adèle.

Tout ça pour dépeindre que les pleurs de notre enfant, c’est encore quelque chose de viscéral. On veut les apaiser. On veut savoir “pourquoi” ces cris, ces larmes.

Retrouve ton sourire mon bébé. Je vais t’aider.

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Un peu d’orthophonie

En conséquence de leur cerveau immature, les petits n’arrivent pas à gérer leurs émotions seuls. Ils ont besoin de leurs parents.

Il est donc important de noter que les feux d’artifice émotionnels chez un petit sont la plupart du temps normal! Il existe une période dans la vie de l’enfant où son cerveau immature est en totale ébullition. Il apprend énormément, a envie de partager, découvre l’éventail de ses émotions, MAIS n’a pas un langage suffisant pour communiquer ! Ni les capacités cognitives.

D’un côté, votre petit ne comprend pas tout ce que vous lui dites, et de l’autre, il ne possède pas les mots pour vous exprimer sa pensée. Grrrr C’est une période classique, vers l’âge de 2 ans.

Les stratégies communicationnelles et langagières pour soutenir la gestion des émotions

À faire

  • Lors d’une crise, se mettre à la hauteur de notre enfant pour lui montrer qu’on est disponible. N’utiliser que les mots et les gestes essentiels. Et surtout -même si ce n’est pas facile- rester calme.

  • Observer attentivement notre enfant lorsqu’il est dans un état d’inconfort afin de comprendre POURQUOI il se sent comme ça. Notre rôle de parent par la suite est de mettre des mots sur ce qu’il vit, nommer l’émotion.On veut interpréter ce que son comportement nous communique, lui donner des mots.

Ooh, je comprends que tu veux rester au parc. Tu es fâché. Je ne veux pas que tu me frappes, mais veux-tu un câlin?


  • Valider les émotions du petit (toutes les émotions sont légitimes, mais pas tous les comportements). Laissez l’enfant vivre son émotion au complet, avec les limites nécessaires ! Notre rôle de parent est de l’accompagner. De le faire sentir en sécurité.

Tu es triste, je t’entends. Tu peux pleurer, ça va bien aller après. Je suis là.


  • Nommer nos propres émotions lorsqu’elles sont vécues. Lui démonter les bonnes stratégies pour revenir au calme.

Je me sens stressée, et je suis fatiguée. Je vais prendre de grandes respirations.


  • Remplir le réservoir d’affection de notre enfant. Essayez 10 minutes par jour “je me connecte à mon enfant de manière positive”.

    • On suit l’enfant dans ses intérêts, ses jeux. C’est son tour de choisir.

    • On lui donne 100% de notre attention (byebye téléphone!).

    • On lui démontre et on lui nomme notre amour et notre plaisir d’être avec lui!


À éviter

  • Tenter de raisonner notre enfant lorsqu’il vit une grosse émotion. Utiliser trop de mots lorsqu’il est en crise; son cerveau rationnel n’est pas disponible et trop lui parler pourrait exacerber son émotion. Vous finirez également frustré puisqu’il y a peu de chance qu’il reçoive ce que vous tentez de lui communiquer.

  • Lui dire qu’il nous fait de la peine quand il fait des comportements négatifs (en réponse à une émotion vécue) ou qu’il est méchant.

  • Lui demander d’arrêter de pleurer, d’essayer de faire arrêter son émotion à tout prix.


Nos outils :

Si ton enfant ne possède pas encore de moyens de communication clairs, notre atelier “La magie des gestes” peut t’aider à donner un moyen rapide à ton enfant de se faire comprendre.


La formation "Avant les mots" saura t’aider à mettre en place des bonnes stratégies interactionnelles.


Si tu as besoin de soutien individuel, nous offrons également des services de consultation et d'évaluation en orthophonie.








296 vues1 commentaire

1 Comment


Dominique Jobin
Dominique Jobin
Mar 12, 2022

Merci de nous donner des outils simples et utiles pour gérer ces situations de débordements d’émotions qui arrivent inévitablement chez un enfant.😊

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